20 merveilleux films de 2017

  1. Le jour d’après (Hong Sang-soo)
  2. Un beau soleil intérieur (Claire Denis)
  3. Brothers of the night (Patric Chiha)
  4. Certaines femmes (Kelly Reichardt)
  5. Félicité (Alain Gomis)
  6. L’amant d’un jour (Philippe Garrel)
  7. Jackie (Pablo Larrain)
  8. Good Time (Ben & Josh Safdie)
  9. The Fits (Anna Rose Holmer)
  10. Sayonara (Koji Fukada)
  11. Les fantômes d’Ismaël (Arnaud Desplechin)
  12. Pas comme des loups (Vincent Pouplard)
  13. Barbara (Mathieu Amalric)
  14. Jours de France (Jérôme Reybaud)
  15. Bienvenue à Madagascar (Franssou Prenant)
  16. Gabriel et la montagne (Fellipe Barbosa)
  17. Grave (Julia Ducournau)
  18. Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc (Bruno Dumont)
  19. La villa (Robert Guédiguian)
  20. Le parc (Damien Manivel)

 

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L’année 2017 réjouit à bien des égards. Alors que la question de l’égalité homme-femme et du harcèlement sexuel s’est emparée des débats avec une radicalité bienvenue, l’année cinématographique a su offrir un miroir aux combats quotidiens auxquels sont confrontées les femmes. Il est tout d’abord rassurant de s’apercevoir que le cinéma propose autre chose que la composition de rôles féminins victimaires. Au centre du dispositif, ces femmes ont très largement inauguré les mouvements de caméra plus qu’elles ne les ont subies, donnant le monde à voir de leur point de vue (Le jour d’après, Un beau soleil intérieur, Certaines femmes, Félicité, Barbara). Ce geste est rafraîchissant à un niveau évidemment politique, mais aussi esthétique car les films n’hésitent pas à s’aventurer sur des chemins non balisés qui se découvrent à mesure que ces femmes avancent. A ce titre, les films sur des jeunes femmes adolescentes formulent une esthétique du mouvement incessant qui démontre à quel point cette période de la vie est tumultueuse mais riche de grandes promesses qui les dépassent (The Fits, Grave, Jeannette ou l’enfance de Jeanne d’Arc). Cela ne signifie pas que ces belles figures féminines avancent sans sourciller sur ces nouveaux chemins ni que ces films laissent pour seul témoignage la constitution d’une force. Si ces femmes peuvent jouer un jeu de malice, celui-ci n’est qu’une réaction amusée aux schémas troubles composés par les hommes (Le jour d’après, Un beau soleil intérieur, Barbara). D’autres fois, l’enjeu est seulement de maintenir une dignité. Défi difficile à mener quand on connaît la force incandescente de l’emprise émotionnelle (Un beau soleil intérieur, Certaines femmes, Jackie). L’explosion de ces émotions a beau faire des ravages, les conséquences n’en sont jamais définitives (Un beau soleil intérieur, L’amant d’un jour). Ces portraits complexes de femmes sont toujours synonymes de vrais plaisirs cinématographiques.

 

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De nombreux films sur la jeunesse ont eux aussi su apporter la fraîcheur qui caractérise souvent cette période de la vie. L’engagement des enfants ou des adolescents peut être sans limites, ramassé en un seul geste tendu et dans la plus totale des dévotions (The Fits, Pas comme des loups, Grave, Jeannette ou l’enfance de Jeanne d’Arc). Cette jeunesse se forme aussi en jouant à prendre des chemins de traverse encore inconnus (Brothers of the night, Pas comme des loups, Le parc). Ces chemins se poursuivent jusqu’à la nuit inquiétante qui passe au révélateur ce que ces jeunes adultes construisent le jour (Brothers of the night, Le parc). Ces films témoignent tous d’une époque fourmillante de possibilités où l’avenir se regarde avec détermination.

 

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A l’opposé de films où la pulsion de vie s’exprime avec la plus grande vigueur, d’autres sont entièrement parcourus par des pulsions de mort. La mort peut être douce car l’évidence de son avènement ne surprend pas, la vie n’étant qu’une préparation à ce moment de passage (Sayonara, Gabriel et la montagne). La mort et son univers peuplé de fantômes se traverse aussi dans des périples initiatiques pour mieux se confronter à la vie et tenter du lui trouver une issue heureuse (Félicité, Good time, Les fantômes d’Ismaël, Gabriel et la montagne). Mais la mort surprend et plonge les hommes dans une mélancolie qui déteint sur leurs relations au monde extérieur. Si continuer à vivre est inévitable, ne serait-ce que par amour des proches, la partition se joue en mode mineur dans un dernier acte au crépuscule où les efforts se rassemblent pour trouver une place dans un monde qui rejette (Jackie, La villa). La mort n’éteint pas les ultimes lueurs d’espoir.

 

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Le cinéma s’aime enfin pour les récits de vagabondage et les parcours initiatiques qu’il peut tracer. Si ceux-ci peuvent prendre les allures d’une course contre la mort (Félicité, Good time, Gabriel et la montagne), ils s’apprécient aussi pour ceux qu’ils sont : un voyage qui permet de retrouver la force du moment présent et de se mettre en phase avec la beauté du monde (Barbara, Jours de France, Gabriel et la montagne). Vagabonder c’est aussi renouer avec les forces créatrices et poétiques qui redonne sens à une vie artistique (Barbara, Jours de France, Bienvenue à Madagascar). En vantant un cinéma vagabond, cette année 2017 libère des belles possibilités d’espaces prêts à dévorer le monde.

 

Tino Tonomis

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